Christine de Pisan

Christine de Pisan

jeudi 12 mars 2020

Lettre à Mila



Chère Mila, 

J’espère que nous serons nombreux à être à vos côtés, j’espère que votre parole franche à vos correspondants sera le début d’une prise de conscience bénéfique à « toutes les familles de la terre ».
Ne prêtez pas attention à l’initiative du Parquet, initiative d’une justice qui s’abrite derrière la forme, faute, à l’image de la majorité des adultes de nos pays occidentaux, d’avoir le courage d’examiner le fond et les faits. Initiative dont la violence symbolique contre vous est moralement inadmissible.
J’ai lu votre interview sur le site «  Bellica » et vu la vidéo où vous rappeliez et expliquiez vos propos antérieurs via Instagram.
Vous avez, vous, regardé les faits et vous avez dit ce que vous avez vu et compris. Vous n’avez parlé que d’un aspect des faits, celui qui concernait directement la situation où vous plaçaient vos correspondants en vous insultant, mais ce que vous avez compris est malheureusement vrai.
J’ai longtemps pensé vivre dans une civilisation, un « monde libre » qui refusait le retour de la barbarie. En vérité, je constate que la majorité des adultes, chère Mila, ne cesse en effet de se vanter de s’opposer à ce retour, mais en réalité, n’est pas prête au moindre sacrifice pour s’y opposer réellement. Notre génération dans sa majorité, paresse en espérant passer à travers les gouttes de l’orage. Votre génération, vous, et aussi les jeunes qui vous ont agressée verbalement, subit les conséquences de notre incurie.
J’ai longtemps pensé vivre en France, soit dans un pays où la loi est : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, fussent-elles religieuses », et où (schématiquement) les personnes ont des droits, alors que les autres choses que les personnes (les idées, les êtres surnaturels) n’en ont pas.
Loi signifiant qu’aucun, aucune, d’entre nous ne doit être la cible de violences ou de persécution parce qu’il ou elle croit à Vishnou ou Shiva, ou à la platitude de la terre, ou à la Création en sept jours, ou à la vérité du marxisme-léninisme ou de Mein Kampf, ou voit dans Mahomet/Muhammad le plus excellent des prophètes … ou bien parce qu’il ou elle est de l’avis que telle ou telle des différentes conceptions du monde est moralement abominable.
De plus, aujourd’hui, la loi elle-même exige de l’Etat, des personnes, de savoir distinguer les idéologies incitant à la haine des autres. Normalement, sans distinguer selon que ces idéologies aient ou pas un aspect relatif au surnaturel, sans révérence particulière envers le religieux, révérence qui serait évidemment le contraire d’un point de vue laïque.
Pourtant, les textes de l’islam sont protégés par un détournement des lois contre l’incitation à la haine :
-           au moyen de l’argument spécieux selon lequel dénoncer ces idéologies reviendrait à inciter à la haine contre les personnes pouvant être confondues avec elles,
-          et en raison de la confusion entre la croyance/foi/conviction, d’une part – phénomène passif, état mental dont nul n’a à répondre dans un droit distinguant norme juridique et norme morale -  et actes opérés en application des normes religieuses d’autre part – actes matériels, eux, dont soumis au jugement de valeur et aux restrictions nécessaires dans une société de droit -  confusion idiote s’il en est, pourtant commis par quantité de nos juristes, dont parmi les plus reconnus …
Alors que pourtant, tout le monde comprend qu’il est nécessaire de pouvoir expliquer nos jugements de valeur morale sur les conceptions morales de nos contemporains, sœurs et frères humains, pour tenter, ensemble, de trouver quelle norme est vraiment morale, pour tenter, tous ensemble, de nous conduire éthiquement, en bien, les uns envers les autres. 
Et tout le monde comprend que la confusion entre une idéologie et des personnes est un non-sens. Nous savons ou lisons que « les êtres humains sont doués de conscience et de raison » (Déclaration Universelle de 1948). Conception selon laquelle les êtres humains ne sont pas des mécanismes subissant un programme déterminant ses actes, mais des êtres libres. Nous savons tous que chacun-e a une relation personnelle, particulière, avec l’héritage culturelle transmis par son environnement, familial, social, géographique. Nous apprenons la fable de Jean de la Fontaine contre l’injustice du Loup accusant l’Agneau de la culpabilité de son frère. Alors, non, bien sûr, nous ne sommes pas des abrutis qui prendraient « tous les musulmans » pour des imitateurs de Mahomet/Muhammad ou de Ben Laden.
Bref, nous savons tous largement, que la confusion entre critique d’une doctrine et haine des personnes, si elle se produit dans l’esprit de certains, n’est ni fondée ni inéluctable. Cette confusion ne peut être honnêtement invoquée contre les personnes critiquant une doctrine (sauf contre celles qui affirment qu’elle serait fondée), quand bien même la critique serait aussi violente verbalement que la doctrine est elle-même violente par son contenu clair et manifeste (dans son corpus de textes reconnus par la majorité de ses savants). 
En réalité, aujourd’hui, comme toujours dans l’histoire, la critique des idéologies guerrières est une liberté, un devoir, durement combattu. Car de tous temps, les profiteurs de guerre ont eu besoin d’idéologies guerrières pour transformer des jeunes en chair à canon à leur service. Et de tous temps, ils ont combattu férocement la critique des idéologies guerrières. Et de tous temps, et partout, la majorité a laissé faire ou espéré une part de butin.
Les anti-nazis d’entre deux guerres se sont vus accusé d’être, eux, les fauteurs de guerre : une accusation terrible après les massacres de la première guerre mondiale …
Aujourd’hui, des jeunes sont tués au nom du jihad, des femmes sont battues au nom de la loi d’Allah, des jeunes tuent au nom du jihad. Mais il est vrai que si l’islam n’existait pas, bien du monde aurait intérêt à l’inventer. A court/moyen terme, la géopolitique et les guerres économiques permettent que l’économie tourne et que les retraites soient payées, donc la majorité des vieux va continuer à élire les protecteurs de l’islam. Au fond les vieux se disent : « Pourvu que cela dure … jusqu’à notre fin, et après nous le déluge ».
Telle est la raison fondamentale pour laquelle une des pires idéologies de guerre et d’incitation à la haine de l’histoire, soit la doctrine de l’islam, est aujourd’hui protégée par les élus choisis … par la majorité de notre génération.
Mon espoir, chère Mila, et vous le renforcez, est que « nous » nous mettions enfin à réagir en tant que « nous, notre génération ».
Il est temps de mettre fin à la « culture de l’ennemi » dénoncée par Liu Xaobo, il est temps de mettre en commun nos héritages culturels et de nous entraider à, soit, en supporter le poids, soit en utiliser tous les enseignements. Il est temps de « nous » considérer comme réunis par notre commune situation de contemporains responsables de l’avenir. Libres par rapport à nos ancêtres et leurs erreurs, libres  aussi de réaliser leur souhait le plus fréquent : que nous fassions mieux qu’eux, que nous, élèves dépassions nos maitres.
Lors du premier congrès international Rom (Tsygane) à Budapest, j’ai rencontré un militant allemand. Il souffrait. Il était né après la guerre et … ne savait pas comment ne pas souffrir d’être allemand, héritier d’une culture et d’une généalogie du peuple qui avait commis les massacres de la deuxième guerre mondiale. J’ai tenté en vain de lui répéter qu’étant né après la guerre, il n’était responsable de rien.
Aux adultes qui, enfants, ont subi des incestes, on peut dire que même si leurs pères ont été monstrueux envers eux, ils ne sont pas fondamentalement pas, eux les enfants, différents de nous tous, car nous avons tous probablement quelque auteur d’infraction ou de crime parmi nos aïeux.
Nous comprenons tous, si nous regardons un peu les vicissitudes de nos histoires, qu’il n’y pas de peuples moralement si supérieurs aux autres, et aucun qui serait intrinsèquement supérieur en valeur aux autres. Nous comprenons tous, que face à des pouvoirs ou puissances aussi violentes et terrorisantes que le furent les conquérants musulmans, aidées souvent par des élites traitresses corrompues, les populations qui se sont soumises, qui vivent dans la soumission, ont des circonstances atténuantes pour le moins, à leur soumission à des lois barbares.  Qui pourraient en vouloir aux janissaires ou aux Hitlerjugend ? Nous nous demandons tous ce que nous aurions fait à leur place …
Le racisme consiste à estimer que certains êtres humains ont intrinsèquement moins de valeur que d’autres. Dire que certaines croyances répandues dans telle partie du monde est barbare n’a rien de commun avec cette conception anthropologique là.  Etre né dans un pays qui subi ou a subi ou s’est jeté lui-même dans la barbare, ne fait pas de vous un être ayant moins de valeur. A l’inverse, un héritage culturel sophistiqué n’est jamais une garantie contre la barbarie : des pays les plus élevés en civilisation, en niveau de réflexion morale, sont sorties parmi les pires violences massives.
En réalité, aujourd’hui, nous nous aplatissons tous dans une lâcheté et même un j’men foutisme, qui bat peut-être bien tous les records historiques de vitesse de soumission.
Pourtant rien n’est joué.
La violence de nombre de jeunes musulmans n’a rien de rien, de rien du tout d’inéluctable. Mais pour l’enrayer, il faut remonter à la racine du mal.
La racine du mal se trouve dans la loi musulmane pour une grande part (pas seulement là bien entendu), une grande part sur laquelle nous pouvons agir. Vous avez été Grande, Mila, en identifiant et nommant cette racine là, immédiatement, en réponse aux agressions. Vous vous êtes défendue, avec courage et pertinence, par une analyse de la situation qui permet aussi à vos agresseurs de sortir de l’agressivité.
Comment la violence n’apparaitrait elle pas chez des jeunes, alors que la loi dont on leur affirme qu’elle est celle de dieu, fait qu’il leur arrive plus souvent de voir, très petits, la violence assénée à leur mère par leur père, conformément à cette loi. Violence traumatisante et marquante s’il en est. Alors qu’il leur arrive de voir le mouton qu’on leur avait confié quelques jours auparavant, égorgé devant leurs yeux, conformément à cette loi. Alors qu’ils subissent une mutilation physique douloureuse à un âge où ils sont parfaitement conscients et où elle est importante. Puis, alors que nombre de dispositions de cette loi ordonnent directement la haine et la mise à mort d’autres populations, sous la menace du supplice éternel pour ceux qui se soustrairaient à l’obligation du combat … Comment, peut-on me dire comment, ils pourraient y échapper lorsque des Etats – dont l’Etat Français actuel- les enferment largement sous l’emprise de cette loi là, en réprimant – hypocritement le plus souvent - de manière féroce ou en abandonnant ceux et celles qui la critiquent ?
Et peut-on me dire comment notre société, par ailleurs tout de même consciente des phénomènes et mécanismes de traumatismes et de conditionnement à la violence, prétend ne pas voir ces sources flagrantes de violences et de traumas, présentes dans notre société, sur nos territoires, devant nos services sociaux, nos intellectuels et nos juges ? Mais de qui se moque-t-on ?
C’est vous, Mila, qui faites apparaître la violence, parce que vous avez dit «  le Roi est nu », «  ta religion c’est de la haine, de la m… ».  Vous n’avez pas dit à ceux qui vous adressaient les plus menaces, insultes homophobes et racistes, qu’ils seraient eux des déchets, mais que leur référence morale l’était, ce qui totalement différent.
La psychiatre syrienne exilée aux USA Wafa Sultan  affirme que les aïeux des peuples soumis à l’islam ne leur ont transmis que des maux, et qu’il faut arrêter ce processus. Bien sûr elle résume les phénomènes pour les rendre plus apparents, ce que l’on peut éventuellement nommer la culture musulmane, n’a certes pas que des apports négatifs, mais l’essentiel de son propos est d’affirmer avec force la possibilité et la ferme volonté de casser la transmission du négatif. 
Votre aventure Mila, ressemble beaucoup à l’action des jeunes de la Rose Blanche, vous avez presque leur âge, d’un an près encore plus jeune. L’action du Parquet contre vous m’écoeure plus qu’il n’est possible de dire.
Vous avez répondu, si je comprends bien votre interview relatant votre discussion sur le réseau social, ce qu’il fallait répondre à vos agresseurs, pour éveiller leur réflexion. Votre action spontanée a été juste, juste au sens fort de ce terme, juste dans sa simplicité et sa franchise. Bien évidemment il y a d’autres points à expliquer, de manière plus approfondie et plus détaillée, sans le résumé d’une expression argotique, bien sûr on doit rappeler que la barbarie n’est nullement le monopole de l’islam, bien sûr un adulte parlant dans une situation plus calme ne doit pas manquer de parler des autres aspects du coran, mais la vigueur de votre condamnation est légitime, étant les aspects essentiels et fondamentaux des textes sacrés de l’islam, et étant donné l’ampleur monstrueuse des violences commises à raison de l’idéologie de la religion musulmane.
Par votre réponse, vous avez fait apparaître l’ampleur de cette violence, de ces violences, l’ampleur du gâchis. C’est pourquoi votre action peut être un déclic dans les consciences.
Merci Mila.
C’est le début, je l’espère, de l’éveil.

Elisseievna
24 janvier 2020.

Transcription vidéo Mila
« En fait avec une meuf de mon live on discutait. Et elle me disait, voilà, que, elle me parlait de ses goûts pour certaines filles, elle me disait qu’elle trouvait que les reubeus elles étaient pas superbelles, voilà, elle a le droit. Moi j’ai approuvé j’ai dit, ouai moi non plus c’est pas mon style, voilà les reubeus c’est pas mon style. Et, y a un mec qui a commencé à s’exciter. A nous traiter de sales lesbiennes, de racistes, de tout ce que tu veux, il a commencé à nous insulter, toutes les pires insultes que vous pouvez imaginer, vous en passe. Ensuite le sujet a commencé à déraper sur la religion. Donc moi j’ai clairement dit ce que j’en pensais, je pense que la liberté d’expression, tu connais ? Je ne me suis pas gênée pour dire ce que j’en pensais. Je déteste la religion. Le coran est une religion de haine. Y a que de la haine là dedans. L’islam c’est de la merde.  C’est ce que j’en pense moi, je dis ce que je pense, putain. Je ne suis pas raciste, mais pas du tout. On ne peut pas être raciste d’une religion. Tout simplement. Y a des gens qui peuvent penser ça mais vous êtes cons, qu’est ce que vous êtes cons, putain de merde. Voilà, on ne peut pas raciste envers une religion. Moi j’ai dit ce que j’en pensais, j’ai totalement le droit. Je ne regrette pas du tout. Vous n’allez pas me le faire regretter. Là y a encore des gens qui vont s’exciter, j’en ai clairement rien à foutre, je dis ce que je veux, je dis ce que je pense. Votre religion c’est de la merde. Votre dieu je lui mets un doigts dans le trou du cul. Merci, au revoir. Vous m’insultez et vous me menacez de mort. Vous n’êtes bons qu’à ça, vous n’avez pas d’éducation, vous êtes nuls, vous servez à rien. Alors je lance une petite parenthèse, j’ai lancé aucun propos raciste, car comme je le répète, on ne peut pas être raciste envers une religion, et je reçois des « sale française », « les français vous êtes tous des fils de pute ». Voilà quoi, on se demande où il est le racisme, on se demande de quel côté il est. Juste, je passe pour une grosse conne parce que, je viens de réécouter mes vidéos, j’ai dit le coran est une religion de haine : l’islam est une religion de haine, voilà. »


mercredi 10 avril 2019

CEDH : le violeur kosovar doit rester en Suisse



Pour la Cour européenne et l'organisation humanright.ch expulser de Suisse un violeur Kosovar est abusif.  

Comme si le Kosovo ne pouvait pas prendre en charge ses criminels et se demander si les récits de la sunna et du coran n'avaient pas quelque lien avec le crime commis. 

Mais les femmes à protéger et l'indemnisation de la victime comptent moins que le confort d'un homme sans doute, surtout ne pas avoir de rejeter un musulman d'un pays voisin.




 Arrêt de la CEDH du 9 avril 2019: I.M. c. Suisse, requête No 23887/16

La Suisse a violé la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH) en ordonnant le renvoi d'un Kosovar condamné pour un viol commis en 2003.  (...)
Dans une décision de Chambre rendue mardi, la Cour européenne des droits de l'homme estime que la Suisse a violé l'article 8 CEDH sur le droit au respect de la vie privée et familiale. (...)
Plus de douze ans après l'infraction, les juges de Saint-Gall auraient dû tenir compte de l'évolution du comportement du condamné. Ils auraient dû également évaluer l'impact de l'aggravation de son état de santé sur le risque de récidive. En effet, l'homme est invalide à 80%.
Arrivé en Suisse en 1993, l'homme avait été condamné définitivement en 2005. Une expulsion pour douze ans avec sursis a été prononcée. Dès 2013, il a bénéficié d'une rente invalidité, prestation qui a été suspendue en 2016. Depuis, il est soutenu par ses enfants.
Dans un communiqué, la plateforme humanrights.ch se félicite de la décision de Strasbourg. «La CEDH indique clairement que les autorités doivent procéder à un examen de la proportionnalité lors d'une expulsion, dès lors qu'une telle mesure constitue une atteinte à la vie privée et familiale» de l'intéressé.




vendredi 8 mars 2019

Yvette Roudy contre le voile et sur les " vraies féministes "

Yvette Roudy contre le voile et sur les " vraies féministes "


Une ancienne ministre PS favorable à l'interdiction du voile islamique
/ Vendredi 8 mars 2019 à 11:096

Yvette Roudy. Photo © Denis ALLARD-POOL/SIPA
Première ministre à avoir été en charge des droits des femmes, Yvette Roudy a donné son avis sur la possibilité d’un “féminisme musulman” et sur le port du voile.
Membre du Parti socialiste, eurodéputée, ministre des Droits de la femme, députée du Calvados, maire de Lisieux, mais avant tout militante féministe… La vie politique d’Yvette Roudy fut prolifique. Impliquée comme personne dans la lutte pour le droit des femmes, celle qui a aujourd’hui presque 90 ans continue de donner son avis sur certains sujets controversés. Pour Le Point, elle est revenue sur le féminisme dans l’islam et la polémique du hijab de sport que Décathlon a renoncé à commercialiser. 
Les femmes voilées « ne savent pas de quoi elles parlent »
Quand l’hebdomadaire lui demande s’il existe un « féminisme musulman », l’ancienne ministre ne mâche pas ses mots : « Ce sont des femmes qui aiment être soumises ? Elles ne savent pas de quoi elles parlent. Une jeune femme s’est dressée devant moi alors que je faisais une conférence, avec des tas de barbus autour d’elle. Elle m’a dit ‘j’ai ma liberté de porter le voile’. Je lui ai répondu : ‘je vous offre un billet pour aller en Arabie Saoudite, vous y restez trois ans, et vous me direz ce que vous en pensez’. Ces filles ne réfléchissent pas. Elles sont manipulées par des hommes derrière elles », assène-t-elle, sans filtres.  
Yvette Roudy s’inquiète de la « progression » de l’islam

A propos de la polémique du hijab sportif finalement non commercialisé par Décathlon, Yvette Roudy est catégorique. « Je suis contre le voile », déclare-t-elle au Point« Je pense que c’est un entrisme de l’islam dans nos foyers. En 1979, les femmes à Téhéran étaient dans la rue pour demander la possibilité de sortir les cheveux au vent », se souvient-elle. « Aujourd’hui, on trouve des femmes voilées dans les rues de Paris. Ça prouve que l’islamisme progresse », s’inquiète-t-elle ensuite, avant de poursuivre : « Les islamistes traient mal ces femmes, qui sont très en dessous de la plénitude de leurs droits »
« Elle n’existe plus la gauche ! »
L’ancienne ministre va même plus loin, en expliquant qu’elle voudrait interdire purement et simplement le voile. « Ces femmes n’ont pas le droit de se promener en hijab à Paris, c’est un symbole de soumission. Ça nous fait régresser nous les femmes qui croyions être libérées ». Et l’octogénaire de conclure avec un énième tacle quand l’hebdomadaire lui demande de juger le rapport de la gauche à la laïcité : « Elle n’existe plus la gauche ! En ce qui concerne la laïcité, il est clair que la gauche n’a pas les idées claires sur ce sujet. Elle n’écoute pas les vraies féministes, qui pourraient lui expliquer que le voile représente un grand recul et qu’il ne faut pas être dupe ». Touché, coulé. 

mercredi 29 novembre 2017

Résidence Alternée : point de vue du REPPEA

https://reppea.wordpress.com/lettre-ouverte-aux-deputes-du-collectif-scientifique-sur-les-dangers-de-la-residence-alternee-chez-les-jeunes-enfants/
LETTRE OUVERTE AUX DÉPUTÉS DU COLLECTIF SCIENTIFIQUE SUR LES DANGERS DE LA RÉSIDENCE ALTERNÉE CHEZ LES JEUNES ENFANTS
le 19-11-2017

mardi 28 novembre 2017

Communiqué de Presse du CERF : contre la proposition de loi sur la garde alternée.




Cercle d’Etude de Réformes Féministes

Communiqué de presse

Au nom des droits des enfants et des femmes, le Cercle d’Etude de Réformes Féministes s’indigne d’une proposition de loi visant à imposer la garde alternée aux mères qui la refusent.
Déposée le 17 octobre 2017 par une quarantaine de députés, elle vise explicitement, selon son exposé de motif, à inciter les juges à imposer la garde alternée dans des cas où celle-ci s’avère, en pratique, néfaste et même dangereuse pour les mères et les enfants, c’est-à-dire lorsque la mère s’y est opposée.
La garde alternée est dangereuse pour les très jeunes enfants, même lorsque les parents sont d’accord sur son principe. Elle ne peut se passer bien, même pour les plus grands, que dans les situations où les parents s’entendent sur son principe et ses modalités.
Cette proposition, qui ose rappeler comme un argument l’appui de sa demande, que la garde alternée se pratique depuis l’âge de « zéro » an, ne tient manifestement aucun compte des besoins élémentaires de stabilité et de tranquillité des enfants.
Son exposé des motifs en dit à lui seul si long sur l’état d’esprit des hommes exigeant un tel mode de vie, qu’il devrait suffire à dissuader les juges de leur confier des « droits » sur leurs ex-épouse et enfants.
Le C.E.R.F.
23 octobre 2017










N° 307 - Proposition de loi de M. Philippe Latombe relative au principe de garde alternée des enf...

N° 307 - Proposition de loi de M. Philippe Latombe relative au principe de garde alternée des enfants


http://www.assemblee-nationale.fr/15/propositions/pion0307-1.gif
N° 307
_____
ASSEMBLÉE NATIONALE
CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
QUINZIÈME LÉGISLATURE
Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 17 octobre 2017.
PROPOSITION DE LOI
(Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale
de la République, à défaut de constitution d’une commission spéciale
dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)
présentée par Mesdames et Messieurs
Philippe LATOMBE, Erwan BALANANT, Géraldine BANNIER, Jean-Noël BARROT, Justine BENIN, Philippe BERTA, Philippe BOLO, Jean-Louis BOURLANGES, Vincent BRU, Jean-Pierre CUBERTAFON, Marielle de SARNEZ, Michèle de VAUCOULEURS, Marguerite DEPREZ-AUDEBERT, Bruno DUVERGÉ, Sarah EL HAÏRY, Nathalie ELIMAS, Michel FANGET, Marc FESNEAU, Isabelle FLORENNES, Laurent GARCIA, Brahim HAMMOUCHE, Cyrille ISAAC-SIBILLE, Élodie JACQUIER-LAFORGE, Bruno JONCOUR, Jean-Luc LAGLEIZE, Fabien LAINÉ, Mohamed LAQHILA, Florence LASSERRE-DAVID, Aude LUQUET, Jean-Paul MATTEI, Sophie METTE, Philippe MICHEL-KLEISBAUER, Patrick MIGNOLA, Bruno MILLIENNE, Jimmy PAHUN, Maud PETIT, Frédéric PETIT, Josy POUEYTO, Richard RAMOS, Thierry ROBERT, Nicolas TURQUOIS, Sylvain WASERMAN,
députés.
EXPOSÉ DES MOTIFS
Mesdames, Messieurs,
Dans le cadre de l’intervention du juge aux affaires familiales dans l’exercice de l’autorité parentale, de nombreux différends surviennent du fait de l’inadaptation du droit de la famille aux nouvelles configurations familiales.
En effet, face à la forte augmentation de divorces, de nombreux enfants (1,5 million selon l’INSEE) sont confrontés à la question du lieu de leur résidence, qui - en l’état actuel du droit - consiste à se résigner à devoir choisir en faveur de l’un des parents, et par conséquent au détriment de l’autre, principalement le père.
En effet, il ressort des statistiques du ministère de la justice que la résidence alternée est toujours accordée aux pères si la mère y consent, y compris pour tous les enfants entre 0 et 5 ans, mais est refusée dans plus de 75 % des cas si la mère s’y oppose, la situation inverse se produisant 7 fois moins souvent.
Dès lors, cette proposition de loi a pour objectif de moderniser l’encadrement de cette intervention, en instaurant le principe général de résidence des enfants chez chacun de leurs parents, afin de traduire leur égalité, cela toujours dans le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant.
Forts de l’inscription claire dans le code civil de ce principe d’équilibre des domiciles parentaux, les juges pourront, au besoin en s’appuyant sur des médiations familiales se déroulant alors dans un contexte d’équité judiciaire, fixer des modalités distinctes à celle d’une stricte égalité de temps, dans le respect de l’intérêt de l’enfant et au besoin, d’apporter des dispositions transitoires ou temporaires en lien avec l’âge de l’enfant.
Il s’agit de moderniser notre droit sur la résidence des enfants en cas de divorce et de séparation, à l’aune de ce que fut l’évolution du droit sur l’autorité parentale il y a quelques années. De nombreux pays européens ont déjà intégré ce principe dans leur droit (Belgique par exemple).
De surcroît, il est concevable que dans la continuité de cette modernisation du droit de la famille, les procédures se raccourcissent et se raréfient, ce qui allègera d’autant les tribunaux actuellement en surcharge.
PROPOSITION DE LOI
L’article 373-2-9 du code civil est ainsi rédigé :
« La résidence de l’enfant est fixée au domicile de chacun des parents, selon les modalités déterminées par convention d’un commun accord entre les parents ou, à défaut, par le juge.
« Si la résidence de l’enfant ne peut être fixée, pour une raison sérieuse, au domicile de chacun de ses parents du fait de l’un deux, elle est fixée au domicile de l’autre.
« Dans ce cas, le juge aux affaires familiales statue sur les modalités du droit de visite. Ce droit de visite, lorsque l’intérêt de l’enfant le commande, peut être exercé dans un espace de rencontre qu’il désigne, ou avec l’assistance d’un tiers de confiance ou du représentant d’une personne morale qualifiée. »


© Assemblée nationale 

Lina Murr Nehme : L'islamisme et les Femmes

https://youtu.be/DhC5DptJtzE




mercredi 14 juin 2017

Odile Buisson : interview à propos de son livre : " Sale temps pour les femmes "











" La révolte d une gynécologue obstétricienne
La mode écolo, le retour du religieux
et l ultralibéralisme contre la santé des femmes "















C.E.R.F. :

A la lecture de votre livre, on a l’impression que la question des soins médicaux pour
les femmes - et les nourrissons – va ou devenir un des principaux thèmes de
mobilisation  des féministes dans les années prochaines … : cette impression est-elle juste ?

Dr Odile Buisson :

 Je n’en suis pas certaine car l’Etat procède très insidieusement. Par exemple, l’accouchement avec douleur ou le retour précoce à domicile sont présentés comme plus humain et plus écologique. L’impossibilité d’un accès rapide à une consultation gynécologie médicale est expliquée en raison des « déserts médicaux ». Désert médical, oui mais créé par qui ? Par les décideurs !

C.E.R.F. :

 Vous terminez votre livre par une illustration frappante du degré de régression
possible en matière de droits des femmes, et du degré d’intériorisation par des femmes elles- mêmes de normes de comportements aliénantes : quel est le point sur lequel la régression  vous parait la plus présente ou menaçante aujourd’hui ?

Dr Odile Buisson :

Ce qui me surprend le plus c’est cette séquence « accouchement traditionnel- allaitement maternel- retour précoce à domicile- lavage de couches ». On ne peut pas mieux indiquer aux femmes le chemin du retour à la maison !  Ce n’est évidemment pas présenté comme cela alors on met en avant l’écologie, le bien-être, le chemin initiatique etc. C’est extrêmement insidieux et le danger est  de ne pas voir ce que cela implique à savoir une reprise de dressage des femmes

C.E.R.F. :

Vous parlez de retour du religieux, d’un besoin religieux, et vous lui opposez … la
santé  du bébé dont les neurones ont été bien oxygénés … Avez-vous une idée de la façon de  répondre à des courants d’idées qui font oublier les nécessités vitales à ce point ?

Dr Odile Buisson :

La création de pôles physiologiques dans les maternités est une solution appropriée. Ceci permet aux femmes d’accoucher comme elles le désirent et avec qui elles veulent, sages-femmes ou médecins. Les mamans peuvent changer d’avis si les douleurs sont trop insupportables et obtenir immédiatement un soulagement médical. De plus comme les maternités publiques sont laïques, il n’y a pas de risque de dérive religieuse ou sectaire.

C.E.R.F. :

 Votre livre montre les aberrations, les dangers auxquels ils aboutissent, il a
quasiment  le même titre que le manifeste chinois de la fin de la révolution culturelle « Chinois si  nous saviez…. » : faut il expliquer les problèmes « techniques » de rejet de la
médecine  ou bien faut il une « révolution » nouvelle de nos idées ?

Dr Odile Buisson :

La médecine est rejetée parce qu’elle ne peut toujours pas éradiquer la maladie ou la mort. Il y a encore de l’incertitude et du doute. Les charlatans, eux savent faire rêver en donnant des certitudes, fausses évidemment. Et puis la médecine soigne trop souvent la maladie plutôt que le malade. Les progrès de l’imagerie médicale ont éloigné le médecin du patient, les machines et les protocoles sont venus progressivement s’interposés entre eux. Nous devons revenir à une médecine de proximité et les machines ne doivent pas nous en empêcher.

C.E.R.F. :

Quelles sont les risques les plus importants pour les femmes qui résulte(rai)ent de la
 réduction des soins gynécologiques : quels sont les principaux soins dont les femmes
devraient bénéficier et dont elles risquent d’être privées ou de « négliger » ?

Dr Odile Buisson :

Je pense aux traitements hormonaux de la pré ménopause et de la ménopause qui nécessitent de savoir manier correctement les hormones. Le dépistage du cancer du sein risque d’être moins performant car 20% des cancers non visibles à la mammographie sont dépistés par les gynécologues. Nous avions jusqu’à présent un taux d’hystérectomie de 6% en raison d’une gynécologie de proximité, en Europe le taux d’hystérectomie est de 20 à 30%. Les anglais essayent de baisser leur taux d’hystérectomie mais ils n’y arrivent pas en raison de l’absence de gynécologie médicale. Or une hystérectomie peut entrainer des troubles sexuels secondaires en raison de la dénervation du petit bassin.


C.E.R.F. :

Existe- t-il une «liste » de ces soins basiques pour lesquelles les femmes devraient être  vigilantes et exigeantes ? (Idem pour les soins non basiques, dont vous citez plusieurs  exemples dans votre livre, avec des conséquences graves en cas de défaut de présence médicale)

Dr Odile Buisson :

Un bon équilibre hormonal, une contraception adaptée et personnalisée, un dépistage régulier des cancers gynécologiques, la prévention et le traitement des infections gynécologiques. Il faudrait aussi permettre aux mamans de se reposer suffisamment après l’accouchement, c’est l’évidence et pourtant…

C.E.R.F. :

Dans votre livre, vous montrez que pour justifier la réduction des soins médicaux et
une véritable politique de « profits » au dépens de la santé, les pouvoirs publics accusent
 les médecins et laboratoires pharmaceutiques … d’être eux-mêmes des « profiteurs ».
Vous  parlez aussi des effets de panique créés par les informations sur les pilules. Quel
conseil donneriez-vous, lorsque l’on n’est pas soi-même médecin, pour être bien
informée  et se forger une opinion, en tant que patiente ou militante, sur les meilleurs soins ou  politique de santé ?

Dr Odile Buisson :

Je ne vois pas autre chose que de prendre le temps d’une consultation spécialisée.
Vous pouvez aussi vous renseigner sur le site de l’agence du médicament et sur celui du collège national des gynécologues obstétriciens français ( cngof).


C.E.R.F. :

 A propos des jeunes, vous montrez des exemples de manque d’information sur la sexualité
 et la fécondité, et aussi, vous montrez la pression subie par des très jeunes filles
pour  avoir des relations sexuelles pour « garder » leurs petits amis. Pour des féministes,
il est navrant de voir qu’une jeune fille n’a pas appris à refuser cette forme de
chantage, à comprendre que ce n’est pas une attitude aimante, il est navrant aussi de voir
 l’influence du porno sur les jeunes garçons et filles, dont parle I. Nisand … Il y a-t-
il  un manuel d’éducation « sexuelle / amoureuse » que vous recommanderiez, ou pensez-vous qu’il reste à écrire ( à jour sur l’anatomie féminine par exemple …) ? Comment
faudrait-  il à votre avis informer les jeunes sur ces questions ?


Dr Odile Buisson :

Le professeur Nisand a créé le site « info ado » où à toute question posée par un adolescent, un psychologue ou un membre de son équipe répond immédiatement.
Les questions sont   anonymes et les jeunes gens sont certains d’avoir une réponse fiable et pertinente.Par ailleurs je crois que l’éducation sexuelle devrait davantage parler d’amour, de relation interpersonnelle et de la réalité du sexe. De la réalité du sexe et non de ses représentations pornographiques mais cela implique de dire les choses simplement et très directement soit expliquer ce qu’est une excitation sexuelle, un coït, un orgasme, expliquer les positions et les gestes de l’amour etc. Il est également nécessaire de procurer aux adolescents des planches anatomiques correctes et non les images d’Epinal des livres de SVT !

C.E.R.F. :

Avez-vous lu le livre et le site « J’ai avorté et je vais bien merci » et si oui qu’en pensez-vous ?

Dr Odile Buisson :

Je crois que l’IVG, peut être vécue très différemment d’une femme à l’autre. Mais en règle général, c’est une expérience moralement douloureuse car très culpabilisante. Même si la culpabilité peut être refoulée sur le moment.

C.E.R.F. :

Le Planning Familial refuse de parler de la grossesse par souci de ne pas blesser les femmes qui demandent un avortement, en présumant qu’elles savent ce qu’elles veulent, les opposants à l’avortement disent que des femmes sont traumatisées ensuite, et que si elles savaient  comment est le fœtus réellement, sa taille etc, elles n’avorteraient pas : est ce que à  votre avis les femmes sont assez informées aujourd’hui avant de venir demander une IVG ?

Dr Odile Buisson :

Le fait est qu’on est le pays d’Europe qui a le plus fort taux d’IVG alors que nous sommes aussi le pays dont les femmes sont le plus contraceptées. 8 femmes sur 10 ayant un risque de grossesse utilisent un moyen de contraception et malgré cela plus d’un tiers de femme aura recours à l’IVG une fois dans leur vie. Cette situation paradoxale montre bien qu’il existe un défaut d’information dans la prévention des grossesses non désirées et ceci est particulièrement marqué chez les très jeunes femmes. Mais c’est surtout l’opprobre sociale ou parentale de la sexualité des jeunes qui empêche ceux-ci de prendre une contraception. Ils ont l’impression de trahir leurs parents et ont donc des conduites à risque.


C.E.R.F. :

Sur le point particulier de l’allaitement, des médecins expliquent que la composition
du lait humain est plus adaptée que celle des laits maternisés : est-ce que vous partagez
cet avis ou pas, et si oui, cet avantage pour la santé de l’enfant risque d’être
balancé  (y compris pour les bébés) par les effets de la fatigue de la mère, ne faudrait-il pas
mieux aider les femmes voulant (et pouvant) allaiter afin qu’elles puissent se reposer par ailleurs pendant cette période ?

Dr Odile Buisson :

On sait que le lait maternel est meilleur pour l’enfant en matière de croissance et de prévention des infections. Ceci dit, ce n’est pas un drame si on préfère donner des biberons. L’important est de se sentir bien avec son enfant, de ne pas tomber de fatigue ou de ne pas lui en vouloir parce que donner le sein est ressenti comme une contrainte. La relation mère-enfant n’est pas forcément dépendante de la mise au sein et celle-ci ne doit pas devenir problématique au point de désespérer la maman.

C.E.R.F. :

Vous citez une femme qui a allaité 3 ans … : est ce qu’il existe une durée d’allaitement « idéale » (de zéro jours à X mois ..) ou est-ce que chaque cas est particulier ?

Dr Odile Buisson :

 Les pédiatres généralement recommandent au minimum 3 mois, après chacun fait ce qu’il veut en fonction de ses conditions de vie et de son enfant.


C.E.R.F. :

Sur la contraception ou les questions de ménopause, à part en consultant un ou une gynécologue, on ne voit pas comment une femme ou un couple peut s’informer sérieusement (et confidentiellement – ce qui n’est pas forcément le cas au Planning) sur les méthodes diverses, avoir les dernières informations sur les pilules, hormones et autres, la disparition de la gynécologie est donc un problème pour toutes les femmes : qu’est-ce que les pouvoirs publics répondent à ce problème, s’ils répondent quelque chose .. ?

Dr Odile Buisson :

La réponse des pouvoirs publics est de former rapidement  un grand nombre de sages-femmes à la gynécologie afin qu’elles soient les premières intervenantes dans la santé des femmes. Ne seront vus en consultation par des médecins gynécologues que les cas compliqués. Ceci dit, les cabinets de sages-femmes augmentent de 3% par an tandis que les cabinets de gynécologie diminuent de 6% par an si bien qu’à terme il s’agit davantage d’un remplacement des gynécologues par des sages-femmes. Or ce n’est pas le même métier donc pas la même compétence.

C.E.R.F. :

Avez- vous un avis sur la méthode « Billings » ?

Dr Odile Buisson :

La méthode de la glaire cervicale est pratique pour savoir quand faire un bébé mais l’inverse est particulièrement aléatoire.

C.E.R.F. :

Les féministes qui s’intéressent aux femmes prostituées, expliquent qu’en raison de la « distance » qu’elles ont avec leur propre corps, elles se soignent plus mal que les autres femmes : avez-vous connaissance de cette question ?

Dr Odile Buisson :

Je pense que c’est vrai  d’une part parce qu’elles ont un rapport particulier avec leur corps et d’autre part parce que les conditions dans lesquelles elles se prostituent sont généralement épouvantables. J’ai toujours pensé que la prostitution devait être encadrée  de respect pour le travail de ces femmes, d’hygiène et de sécurité. C’est la seule manière de supprimer le  stigmate de la « putain »  et d’aider les femmes qui se prostituent à ne pas perdre leur estime de soi. C’est la seule façon de les aider à garder la tête hors de l’eau pour changer de travail dès qu’elles sentent que c’est possible. Il n’y a aucune raison du malheur au malheur.

C.E.R.F. :

Etant donné que le problème de la réduction des coûts des soins est général, pour toute la population, est ce que les femmes ont une petite chance de faire entendre leurs revendications : est ce qu’il existe des études sur l’impact des restrictions par rapport aux économies immédiates … ?

Dr Odile Buisson :

La cour des comptes dit que la diminution du temps d’hospitalisation après l’accouchement est une source d’économie : 2,9 milliard d’euros . C’est effectivement beaucoup mais c’est fait sur le dos des femmes...Pour le reste ils doivent avoir fait leur compte aussi mais je ne dispose pas des chiffres.

C.E.R.F. :

Vous défendez la cause des sages-femmes en montrant que la durée de leurs études et
leurs responsabilités ont été augmentées, sans effet sur leur rémunération : selon vous, quel devrait être leur rôle dans un système « idéal » ?

Dr Odile Buisson :

Dans un système idéal, il devrait y avoir des passerelles universitaires entre différents corps de métier. Le cœur de métier de la sage-femme est la grossesse normale et l’accouchement normal, mais je trouverais normal qu’une sage-femme qui s’intéresse à la gynécologie médicale puisse faire le cursus complet de cette spécialité, soit 4 années supplémentaires. Il me semble que les sages-femmes devraient refuser le plafond de verre et réclamer leur dû. Du reste on ne se permettra d’agir de cette façon avec des professions masculines. C’est bien parce que la professions de sage-femme est à 97% représentée par des femmes qu’on se permet de les former moins pour les payer moins quand il s’agit de leur demander de faire de la gynécologie médicale.