Christine de Pisan

Christine de Pisan
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mercredi 22 juin 2016

Communiqué de presse du C.E.R.F sur le rejet des propositions de loi contre l’utilisation de mères porteuses

Communiqué de presse du C.E.R.F sur le rejet des propositions de loi contre l’utilisation de mères porteuses

Deux propositions de loi « visant à lutter contre le recours à une mère porteuse » viennent d’être rejetées par l’Assemblée Nationale, mardi 21 juin.

Ce scrutin signifie en réalité une double avancée de la cause de la lutte contre la « GPA ».

Une première victoire est constituée par le fait que ces propositions de loi aient été présentées à l’Assemblée nationale pour un vote. 

Elle signifie que la protestation contre cette pratique terrible pour les enfants et les mères, ne peut plus être évacuée du débat parlementaire.

La représentation nationale va devoir désormais débattre explicitement des problèmes soulevés par ces formes de violences et d’exploitation.

Une seconde victoire réside dans le fait que le clivage gauche – droite n’a pas été le seul critère de choix des parlementaires. 

Des député-e-s de gauche, par leur abstention ou leur soutien aux propositions, ont exprimé leur désaveu de principe du « recours aux mères porteuses ».

En effet, ont voté pour : 241, dont 12 socialistes et communistes, contre 262, se sont abstenu : 29 dont 28 socialistes et communistes.

Les propositions de loi étaient bonnes dans leur orientation, mais insuffisantes dans leurs dispositions, puisqu’elles n’offraient pas aux enfants nés sous contrat de GPA, tous les droits de la personnalité qui leur reviennent.

Notre proposition permet au contraire de répondre à la fois à l’objectif de dissuader efficacement de l’utilisation de mères porteuses, et d’offrir aux enfants toute la protection que la loi française doit leur assurer, avec d’autant plus de soin que les circonstances de leur naissance sont par elles-mêmes pathogènes.

Nous espérons vivement qu’elle sera bientôt soutenue par nos parlementaires.

Etant donné le résultat du scrutin du 21 juin, et étant donné la conformité de notre proposition aux exigences de la CEDH de reconnaître aux enfants leurs droits de la personnalité, elle aurait toutes chances d’être adoptée.

Le C.E.R.F.

Cercle d'étude de réformes féministes
le.cerf@laposte.net
http://reformesfeministes.blogspot.net





dimanche 7 février 2016

Bruxelles : une bourse aux mères porteuses contreversée

Bruxelles : une bourse aux mères porteuses controversée

L’évènement n’aura lieu que dans dix jours, mais fait déjà polémique. Les 29 et 30 janvier, dans la plus grande discrétion, aura lieu à Bruxelles une bourse aux mères porteuses. Organisée pour la deuxième fois dans notre capitale par une association américaine, l'évènement s'adresse aux couples qui ne peuvent pas avoir d'enfants, en particulier les couples homosexuels masculins.

Ce qui choque parmi les professionnels du secteur de la gestation pour autrui (GPA), c'est l'aspect commercial de la démarche. Le salon organisé à Bruxelles doit permettre à cette clinique de la fertilité américaine de mettre en avant son catalogue …/….

mercredi 3 septembre 2014

Muriel Fabre-Magnan : Enfants nés de mères porteuses : Un juste milieu est encore possible



http://www.guingamp.maville.com/actu/actudet_-enfants-nes-de-meres-porteuses-un-juste-milieu-est-encore-possible_54135-2611856_actu.Htmhttp://www.guingamp.maville.com/actu/actudet_-enfants-nes-de-meres-porteuses-un-juste-milieu-est-encore-possible_54135-2611856_actu.Htm

 Par Muriel Fabre-Magnan, professeur de droit à l'Université de Paris 1 (Panthéon - Sorbonne).© Crédit photo : DR POINT DE VUE.

Par Muriel Fabre-Magnan, professeur de droit à l'Université de Paris 1 (Panthéon - Sorbonne).

POINT DE VUE. Par Muriel Fabre-Magnan, professeur de droit à l'Université de Paris 1 (Panthéon - Sorbonne).
L'affaire du bébé trisomique conçu par gestation pour autrui en Thaïlande montre, s'il en était encore besoin, l'impossibilité d'une gestation pour autrui (GPA) « éthique ». Quelle réglementation aurait en effet permis de régler ce cas « éthiquement » ? Aurait-il été éthique d'obliger la mère porteuse à avorter, même contre son gré ? D'obliger le couple d'intention à prendre l'enfant handicapé avec son jumeau bien portant ? Et comment les empêcher ensuite d'abandonner cet enfant à un service social en Australie ?La question de la légalisation de la GPA en France n'est heureusement pas à l'ordre du jour. Il faut, en revanche, tirer les conséquences de la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l'homme, motivée par le fait que notre pays refuse de transcrire, à l'état civil, la filiation des enfants nés de mères porteuses à l'étranger. La Cour reconnaît cependant que les parents, quant à eux, ne peuvent pas se plaindre d'une atteinte à leur vie familiale, car les difficultés pratiques auxquelles ils se heurtent ne sont, en réalité, pas insurmontables.La solution prônée par la Cour européenne n'est pas admissible. Reconnaître un lien de filiation conduirait en effet à valider juridiquement les gestations pour autrui pratiquées à l'étranger. L'encouragement à la fraude serait alors évident. Il suffirait d'avoir recours aux services d'une mère porteuse à l'étranger pour être assuré que le droit français acceptera le montage.

Respecter l'intérêt de l'enfant sans développer un marché

Certes, les enfants ne doivent pas être sanctionnés pour les fraudes commises par leurs parents, mais l'intérêt de l'enfant ne peut être apprécié de façon purement individuelle. Il n'est pas possible de fermer les yeux sur la façon dont les enfants ont été obtenus (par exemple, par trafic ou par enlèvement) et de prétendre que leur intérêt serait toujours de régulariser leur situation avec ceux qui les ont recueillis. Est-ce l'intérêt de l'enfant de n'être plus considéré comme une personne, mais comme une chose que l'on commande, que l'on fabrique, et que l'on livre ?Un juste milieu pourrait être trouvé. Il viserait à empêcher le développement du marché des mères porteuses tout en respectant l'intérêt de l'enfant. Il s'agirait de concevoir un statut juridique, comme le tutorat ou un mandat d'administration, qui permettrait de ne donner des droits qu'à l'enfant (droit au nom, à la nationalité française, etc.). Le couple commanditaire n'aurait quant à lui que des devoirs, ceux liés traditionnellement à l'autorité parentale, tel que le devoir d'éduquer et d'entretenir l'enfant. Il serait en revanche privé des droits liés à la parenté. La France a décidé de ne pas faire appel de la décision de la Cour européenne des droits de l'homme. Cette position peut être judicieuse s'il s'agit de proposer une troisième voie entre le tout (valider sans ciller les gestations pour autrui pratiquées à l'étranger) et le rien (aucune protection de l'enfant). La France aurait eu alors raison de ne pas faire appel : de plier pour ne pas rompre.(1) Auteur de La gestation pour autrui. Fictions et réalité, Fayard, 2013.


samedi 28 juin 2014

GPA : Pétition pour un appel contre la condamnation de la France par la CEDH

Le CERF signe cette pétition et appelle à la signer

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Monsieur_le_President_de_la_Republique_protegez_les_femmes_et_les_enfants_des_contrats_de_mere_porteuse_GPA/edithttps://secure.avaaz.org/fr/petition/Monsieur_le_President_de_la_Republique_protegez_les_femmes_et_les_enfants_des_contrats_de_mere_porteuse_GPA/edit

Monsieur le Président de la République: protégez les femmes de l'achat et de la vente des bébés et des mères

Pourquoi c'est important
Monsieur le Président de la République,
En tant que Président de la République française, en février 2013, vous avez pris un engagement formel contre l’entrée en France des contrats de mère-porteuse, désignés aujourd’hui « gestation pour autrui » ("GPA'"), affirmant votre ferme opposition.
Vous réitériez ainsi votre constante et formelle opposition à cette pratique.
Le contrat de mère-porteuse est en effet contraire au principe de respect de la personne, aussi bien la personne de la femme qui porte l’enfant commandé, que le respect de la personne de l’enfant, objet du contrat, commandé par une ou deux personnes, qui se développe dans le ventre de la « porteuse », puis livré. Les êtres humains ne sont pas des choses et nous sommes confiants dans votre engagement à être le gardien, en tant que Président de la République, de cette valeur fondamentale de notre société.
Mais le 26 juin 2014, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France en ce qu’elle exclut de son droit une telle transaction sur femme et enfant. Non seulement, le droit français déclare les conventions de gestation pour autrui atteintes de nullité absolue, mais encore la Cour de cassation s’oppose à ce que les filiations issues de conventions organisés à l’étranger soient transcrites sur l’état civil français. En effet, si notre droit l’admettait, alors ce contrat, pourtant contraire à l’ordre public, aurait de fait la même efficacité qu’un contrat valable, ce qui est la seule chose recherchée par les parties à ce contrat.
La CEDH a sanctionné la France pour l’état de son droit, pour atteinte au « droit à la vie privée et familiale d’enfants » nés à l’étranger en exécution de contrats de mères porteuses, en estimant que le droit français aurait dû reconnaître la filiation à l’égard du père, puisque du fait de l’insémination de la mère-porteuse par le sperme du client, ce dernier est le « père biologique » de l’enfant.
Nous nous adressons à vous car une telle décision met en péril votre constant engagement, rappelé en 2013.
En effet, si la France plie, si les filiations des enfants issus de contrats de mères porteuses faites à l’étranger sont inscrites à l’état civil français, alors le marché des bébés devient de fait efficace. Le contrat de mère porteuse fait à l’étranger sera aussi efficace que s'il était licite.
Une fois cela acquis, Monsieur le Président, comment allez-vous expliquer aux françaises et aux français que, s’ils ont de l’argent, ils pourront aller acheter un bébé à l’étranger et le faire inscrire comme leur fils ou leur fille sur l’état-civil français, tandis que s’ils ne sont pas assez fortunés, ils devront subir l’interdiction qui demeurerait en droit français applicables aux contrats de mère-porteuse réalisés en France ? Et comment interdire cette pratique en France si l’on en reconnaît les effets en France sous le prétexte qu’elle aurait été mise en œuvre dans un pays où elle est autorisée ?
Cette position ne sera pas tenable. Vous devrez céder. Vous devrez admettre le marché des mères en France. Vous serez alors contraint de renoncer à votre engagement solennel.
Personne ne croira que ces contrats puissent être faites de façon « éthique » car chacun sait que c’est avant tout affaire d’argent pour les intermédiaires qui prospèrent aujourd’hui sur la détresse des couples qui n’ont pas d’enfants, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels.
C’est pourquoi, Monsieur le Président, nous vous demandons, au nom de votre engagement constamment exprimé, de vous opposer publiquement à cette avancée déterminante de l’admission par le droit des contrats de mère-porteuse, ces mères dont les droits sont piétinés, ces femmes pour lesquelles vous avez pris fait et cause en 2013, droits aujourd’hui remis en cause et compromis par la Cour.
Il est concevable de trouver des solutions techniques pour améliorer la situation juridique des enfants présents sur le sol français, sans succomber à ce qui est un triomphe de l’industrie de l’enfantement sur commande, et sans que cela leur coûte le statut d’être humain par la reconnaissance de l’efficacité du contrat de mère-porteuse qui les a désignée comme une chose désirée, commandée et livrée.
Ainsi, la France pourra justifier de ne pas transcrire les filiations car cela serait admettre l’efficacité des contrats de mère porteuse à l’étranger et bientôt en France, puisqu’elle aura modifié le statut de l’enfant.
Parce que c’est la défense des femmes et des enfants qui est en jeu, nous vous demandons également de renforcer le dispositif législatif de lutte contre la prospection de clients français par les agences de mères porteuses et de porter un projet de convention internationale visant à prohiber la pratique des mères porteuses et à lutter par le pénal contre cette pratique, à l’image de la convention du Conseil de l’Europe contre la traite des êtres humains.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre plus haute considération.
Premiers signataires: Eliette Abécassis (écrivain), Sylviane Agacinski (philosophe), Marie-Josèphe Bonnet (historienne des femmes), Pierre Courbin (psychiatre), Marie-Anne Frison-Roche (Professeur de Droit à Sciences Po), Alice Ferney (écrivain), Brice Couturier (producteur de radio et écrivain), Laurent Bouvet (Professeur de Sciences Politiques à l'UVSQ), Fabrice d'Almeida (Professeur d'Histoire à l'Université), Nicole Notat (secrétaire générale de la CFDT de 1992 à 2002, présidente de Vigeo), Martine Segalen (ethnologue), Pierre-Michel Menger (Professeur au Collège de France), Olivier Poivre d'Arvor (écrivain et diplomate, directeur de France Culture), Christophe Chamley (Directeur d'Etude EHESS, Professeur, Boston University).
Coordination des associations pour le droit à l'avortement et à la contraception (CADAC): Maya Surduts, Nora Tenenbaum
Collectif National pour le Droit des Femmes (CNDF): Maya Surduts, Suzy Rojtman
Réseau "Encore féministes, aussi longtemps qu'il le faudra": représentante Annick Boisset