Christine de Pisan

Christine de Pisan

samedi 21 juillet 2012

Contre la "GPA" (contrats de mères porteuses) : la CADAC, Le Planning Familial, la Coordination Lesbienne


Notre législation qui s’oppose à la commercialisation du corps humain et stipule, sans discussion possible, que « la mère est celle qui accouche » fait barrage au recours à la gestation pour autrui (GPA). Les tenants de la GPA s’emploient donc à faire sauter ces 2 verrous en relançant le débat en sa faveur à chaque révision de la loi de bioéthique. Des associations LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuelles et trans) s’y associent, défendant la GPA comme l’une des réponses à leur demande homoparentale.

Le public, lui, est partagé entre un sentiment de révolte face à ce qui lui semble choquant au plan humain, une tentation compassionnelle vis‐à‐vis de la dramatisatio  de l infertilit  et de l incapacit  biologique des hommes   porter un enfant et enfin une sorte d’oblitération critique devant ce qu’on présente, à tort, comme une avancée des méthodes de procréation médicalement assistée (PMA).

La GPA est revendiquée au plan thérapeutique comme palliatif de l’infertilité (sont évoqués les cas de femmes nées sans utérus fonctionnel) mais aussi, de plus en plus, comme demande sociale. Ainsi, le bébé « clef en main » répondrait à une demande homoparentale « gay ». II constituerait une alternative aux procédures d’adoption parfois longues et aléatoires. Enfin, il pourrait satisfaire l’exigence de confort de certaines femmes en épargnant leur carrière et leur physique.

 Le revers de cette demande est une régression sociale féroce, observée partout où la libéralisation de la GPA s’est instaurée. Une véritable industrie de
« location de ventre » et de commerce d’ovocytes se développe ainsi en Inde, en Ukraine et aux USA où des agences proposent une « prestation » aboutissan   la livraison du  produit , « un bébé », avec choix sur catalogu des  donneuses  d’ovocyte  en  fonction  de  leur  physique,  sélection  des gestatrices sur  leurs  performances et procédure juridique organisant la filiation.

Tout y repose sur un dispositif contractuel d’essence libérale qui spécifie les obligations et droits des deux parties : les critères de sélection de la gestatrice, ses obligations tout au long de sa grossesse, les dédommagements financiers, les cas de retrait du contrat avant terme…
Il est symptomatique d’apprendre que les gestatrices sont, en Inde et en
Ukraine, des jeunes femmes pauvres tandis qu’aux USA elles sont recrutées
parmi les mères au foyer, c’est à dire des femmes sans revenus propres !

Face à ces pratiques perçues comme « choquantes » s’est développée une demande d’encadrement, dite éthique, de la GPA où les conditions d’accès pour les demandeurs/euses et de participation pour les gestatrices seraient fixées, non plus par contrat, mais par la loi.

Mais, pour nous, cette démarche
« réglementariste » ne saurait faire disparaître l’iniquité fondamentale de la pratique. Il ne faut pas oublier non plus que toute démarche législative d’ouverture de la GPA rendrait de facto cette pratique acceptable socialement.
Derrière les arguments en faveur de la GPA se profile une vision de la société que, nous féministes et lesbiennes féministes, ne pouvons partager : l’épanouissement de l’individuE passerait par la mise en œuvre irrépressible d’un projet parental organisé autour de la sublimation du lien génétique. La société devrait s’employer par tout moyen, y compris en légiférant, à satisfaire cette demande, même au prix de l’instrumentalisation d’une partie de nos sociétés, les femmes et de la marchandisation de leur utérus et ovocytes sans égard pour les principes d’égalité et d’équité. Pour y parvenir, on s’appuie sur les ressorts classiques de l’aliénation et de la domination : la glorification de vertus présentées comme ‘’spécifiquement féminines’’ telles la générosité, l’altruisme, le don de soi, le bonheur et le rayonnement de l’état de grossesse, figeant ainsi les femmes dans ce rôle traditionnel auquel on voudrait les soumettre. Qu’on arrête de nous jouer les vieux couplets de l’ère patriarcale. !

L’histoire, elle aussi, est convoquée pour tenter de prouver l’enracinement de cette pratique dans notre culture. A l’appui, des cas de dons d’enfant mais qui relèvent à l’analyse, soit de situations de subordination (Sarah et Hagar dans la bible), soit de partage d’autorité parentale (confier un enfant à un couple infertile ou soulager une famille trop nombreuse en prenant en charge l’un des enfants). Qui plus est, ces exemples viennent d’une époque où la justification social   de l existenc   des femme  passait par leur capacité de procréation, l’une des impositions du système patriarcal.


Argument de choc, les gestatrices et fournisseuses d’ovocytes sont libres, avance‐t‐on, de cette liberté revendiquée par les femmes dans les années 1970. Voici un exemple typique de récupération et de détournement des luttes unitaires féministes. En affirmant « Notre corps nous appartient » il s'agissait alors de lever la contrainte reproductive que la société imposait aux femmes en permettant à toutes de pouvoir accéder à la contraception, à l'avortement gratuit et ainsi maîtriser la maternité. Échapper à cette astreinte devenait un « levier » pour libérer le corps des femmes, support d'oppression sociale et patriarcale. Avec la GPA, pas de volonté de libération collective, mais la mise en avant d’une vision strictement individuelle « chaque mère porteuse est libre de disposer de son corps », argument utilisé pour faire barrage à une réflexion sociale.

Loin de nous l’idée de juger, a fortiori de condamner, les individuEs qui en tant que gestatrices ou en tant que demandeurs/euses entrent, ou sont entrées, dans un processus de GPA. Nous ne nous positionnons pas en moralistes, nous ne réfléchissons pas au niveau individuel,

mais globalement au niveau de la société toute entière. Comme dautres, ces IndividuEs subissent la pression de la société et le poids de la norme sociale qui impose la parentalité dans le cadre du couple, de la sacrosainte famille, au besoin modernisée en y incluant le couple homosexuel. Plus que jamais cette norme est à déconstruire.

Ce qui se construit autour de la GPA est significatif de la progression de l’idéologie néolibérale, qui comme le montre Jules Falquet dans son livre
« De gré ou de force, les femmes dans la mondialisation », fait de plus en plus entrer les femmes dans le rôle de femmes de service. Service qui se décline maintenant en service à la personne, service sexuel dans la prostitution et ici service procréatif avec la GPA.

 De cela nous ne serons jamais ni les alliées, ni les complices.

Pourtant, il est envisageable, en ouvrant le champ du possible et avec une vision progressiste de la société, d’envisager d’autres dispositifs ou de promouvoir d’autres pistes plus centrées sur la question du bonheur de l’enfant.
•  L'adoption plénière accessible à toutes et à tous, aux homosexuels, aux lesbiennes,  aux  hétérosexuels,  à  toute  personne  qui  remplit  les
conditions énoncées par la loi, sans condition de fonctionnement en couple ;
•  La généralisation de l'accès à la PMA pour les femmes ;
•  La possibilité d'une éducation collective sans appropriation de l'enfant  par le biais de l'adoption simple de l'accès à la coparentalité ou à la beau‐parentalité.


Octobre 2011

Coordination des Associations pour ledroit à l‘Avortement et la Contraception (CADAC)
 Coordination Lesbienne en France (CLF) 
Planning Familial (MFPF)

mercredi 18 juillet 2012

Cher ami homophobe, ....




Lettre de "Rainbow Brest" aux homophobes, à l asuite de "tweet" de haine nevres les homoseuxel-les, reçus après la Gay & Lesbian Pride



Cher ami homophobe, 



Oh oui, tu as bien lu. Ami. Je ne suis pas comme toi. Je ne te déteste pas. Toi tu vomis ta haine envers moi et ma communauté, mais moi, je ne sais pas détester les gens, même comme toi. Tu sais, si j'aime les filles, et si je roulerai une pelle à ma chérie devant tes yeux révulsés, ce n'est pas pour le plaisir de te provoquer. C'est juste parce que je l'aime, et comme je trouve que l'amour, c'est quand même un truc drôlement chouette, eh ben, comme ça, hop, je lui prouve que je l'aime. Tu sais, l'amour, tu devrais essayer, ça change la vie. 

Tu parles de nous taper dessus, de nous cracher dessus, tu nous dis malades, tu nous vois comme une honte de société, mais dis, est-ce que tu nous connais ? Est-ce que tu sais qui on est, est-ce que tu vis nos vies, est-ce que tu t'es dis que t'allais peut être tenter de nous connaître avant de nous juger ? 
Non. Bien sûr que non. Parce que si c'était le cas, si tu savais qui on est, tu nous aimerais. 

Tu te rendrais compte qu'on est comme toi. On a des boulots, des apparts, des amis, des problèmes, des familles, des chiens, des chats, et des fiancés et fiancées qu'on n'a même pas le droit d'épouser. Ouais, là pour le coup, toi, t'as le droit de te marier à qui tu veux et de divorcer et de recommencer. Ben tu vois, nous, on peut pas. Nous, on est obligés de battre le pavé tous les ans pour dire qu'on le veut, ce droit. 

Viens avec moi, ami homophobe. T'es pas obligé de me tenir la main si je te dégoûte tant, t'inquiètes. Au pire, j'ai des lingettes alcoolisées si tu me frôles, tu pourras te désinfecter. Sait-on jamais, j'suis peut être contagieuse. Viens avec moi. Viens faire le tour de ma communauté. Je vais te présenter les gens qui tiennent nos associations, parce que, tu sais, c'est pas en claquant des doigts qu'on va y arriver. Nous, on se bat tous les jours, on n'arrête jamais, on écoute les victimes de ta bêtise, on les console, on leur dit qu'on ne lâchera jamais rien, on panse leur blessures physiques et morales. Est-ce que tu réalises seulement le sang dont tes mains sont tâchées ? 

Est-ce que tu sais quels abrutis tes propos vont galvaniser, et croire que taper sur d'la pédale, c'est bien ? Est-ce que tu les as vus, les bleus, les coups, les membres cassés parce qu'un mec et son chéri ont croisé la route d'individus qui n'ont rien de mieux a faire de leur vie ? Viens, on va aller visiter les urgences qui voient passer ces victimes tous les ans, et tu sais quoi, tu vas être frappé par leur fierté et leur force, parce que même si ils et elles ont la peur au ventre sans arrêt, ils et elles continuent de battre le pavé, de parler, de pointer du doigt les coupables. 

Tiens, puisqu'on s'arrête aux urgences, je vais aller te montrer les centaines de gosses qui tentent de se foutre la tronche en l'air toutes les semaines parce qu'ils subissent l'homophobie de plein fouet. Je vais te les montrer, les poignets tailladés, les boîtes de médocs avalées, les défenestrations, et les cicatrices qu'ils vont garder à vie parce que leur vie sexuelle est pointée du doigt. Je vais pas aller te montrer ceux qui sautent des ponts, ou sur les rails, parce qu'ils ne sont plus là pour en parler. Allez, on va passer par le cimetière, si tu ne sais pas quoi faire, viens fleurir avec moi les tombes de tous ceux-là. Ça ne les ramènera pas, mais qui sait, peut être que le silence d'une tombe d'une gamine de seize pige qui se flingue parce qu'elle aimait les filles, ça va te faire réfléchir deux secondes. 

Tiens, puisqu'on y est, on va aller faire un tour en ville. Tu les as vus, ces deux mecs qui se tiennent la main ? Je ne sais pas pourquoi, mais je les trouve tellement beaux. T'as vu, les hétéros qui se prouvent qui s'aiment en public, c'est quand même rare. Tu sais pourquoi nous on le fait ? Parce qu'on aime. Et parce que nous, on a pas le droit de porter des alliances. Parce que nous, on a pas le droit de célébrer dignement notre amour. Parce que nous, on doit se contenter d'un pseudo équivalent, et, t'avoueras, là où on s'est bien foutus de nos gueules, c'est que même vous, les hétéros, vous avez le droit de vous pacser. Mais pas nous, de se marier. Logique ! Tu sais, dans le fond, c'est pas très grave. Nous aussi on peut faire des super cérémonies avec les soeurs de la perpétuelle indulgence (a l'occasion, je te les présenterai, je suis sûre qu'une ribambelle de mecs avec du rouge à lèvres, ça va te plaire)  avec des promesses, des alliances, et des gens qui pleurent toutes les larmes de leur corps parce que rien n'est plus beau qu'un vrai baiser entre deux mecs ou deux nanas qui viennent de s'unir. Et puis, tu sais, même si la société ne les veut pas "vraiment" mariés, eh ben crois-moi, dans les coeurs de tous ceux qui y étaient, ils sont pourtant la définition même de la beauté du mariage. 

Oh regarde. Regarde. Deux nanas avec une poussette. Viens, on va leur demander qui est le propriétaire de ce bébé volé. Tu entends ça ? C'est le leur. C'est leur bébé. A elles. Elles sont deux nanas et elles ont un bébé. Tiens, regarde, elles te le présentent. Il est beau, cet enfant, pas vrai ? Il a les yeux de sa mère et le menton de sa mère. Tu sais, ce que ça va donner, plus tard, cet enfant ? Un adulte. Avec une pincée de tolérance de plus que toi. 

Tiens, regarde, la nuit tombe. Tu vas bien m'accompagner a une de nos soirées. On n'va pas s'arrêter en si bon chemin. Tu les vois, tous ces gens qui s'apprécient sans se connaître ? Tu sais pourquoi ? Parce qu'on en bave tellement, a longueur de journée, a bouffer tes propos, a se battre pour être acceptés, a supporter les remarques à la con, que quand on se retrouve tous ensembles, on est liés, d'office. Vous, quand vous vous beurrez la tronche, vous vous battez, vous vous disputez. Nous, même avec une légère ivresse, on continue de s'aimer. On ne fait que ça. On s'aime, on aime, et on voit dans chaque nouvelle connaissance une richesse folle, et une raison de plus de se battre pour tout ce que je t'ai montré. 

Attends, j'ai pas fini. Viens, on va aller voir tous ces gens qui, volontairement, bénévolement, avec tout leur espace coeur et temps libre, tiennent a bout de bras les associations. Je vais te les montrer, les cinglés qui écrivent des articles a trois heures du matin, ceux qui planifient les actions futures, ceux qui passent leur vie au téléphone a soulager ce que vos victimes n'arrivent pas à soulager. Chaque personne que tu vas pointer du doigt, chaque corps souillé de tes crachats qui va chercher de l'aide, a toute heure du jour et de la nuit, elle va nous trouver. On se bat pour que cette personne sache qui appeller, et surtout, pour que cette personne sache que son combat est notre combat. 

Tu sais, nous, les pédés, les gouines, les lesbos, les broute-gazons, les pédales, les trans, les travlos, les à voile et à vapeur, quand un de nous tombe sous vos coups, c'est toute la communauté qui pleure. Sans exceptions. Quand tu tires a boulets rouges sur l'un de nous, c'est nous tous qui tombons. Et c'est nous tous qui nous relevons plus forts a chaque fois, parce que chaque nom de plus sur le mausolée de votre bêtise est un nom de plus pour lequel on va gagner, pour lequel on va tous vous braver, pour lequel on va l'obtenir, notre foutue égalité. 

Parce que demain, quand ton fils viendra te présenter son mec, tu penseras a son bonheur. 

Parce que demain, quand ta fille se mariera avec une autre nana, tu pleureras parce qu'elles sont magnifiques et parce que tu en es tellement fier que tu veux le dire à la terre entière. 

Parce que demain, tu viendras grossir les rangs de nos marches de la fierté, parce qu'on incarne l'amour. Rien que l'amour. 

Parce que demain, quand on sera tous et toutes dans les rues a hurler notre joie parce qu'on aura le droit de se marier, parce qu'on aura le droit d'avoir des enfants, tu seras avec nous a sabrer le champagne. 

Et parce que même si t'as rien pigé aujourd'hui, je ne te déteste pas. Tu me fais pitié. Tu loupes ce que la vie a de plus beau a offrir. La joie, la beauté, le plaisir, le bonheur, le partage, le courage, la fierté. Et l'amour, bordel. Et l'amour. 


Sincèrement, 
Axy 
(militante qui aime les filles, les garçons, les garçons qui aiment les garçons, et les filles qui aiment les filles et puis aussi les filles qui aiment les garçons et les garçons qui aiment les filles.)

P.S au fait, tu diras a tes copains et tes copines homophobes que même si vous criez fort, on chantera toujours plus fort que vous. Toujours. 

dimanche 8 juillet 2012

Abolitionisme 2012 : le CERF signe l'appel





JE DEMANDE : 
 l'adoption d'une loi d'abolition du système prostitueur incluant les mesures suivantes :
1. la suppression de toutes les mesures répressives à l’encontre des victimes de la prostitution,

2. la mise en place de moyens de protection et d'accompagnement social, incluant l'accès à la santé et au logement pour toutes les personnes prostituées,
3. la mise en place de véritables alternatives à la prostitution et l'ouverture de droits effectifs pour toutes les personnes prostituées, y compris étrangères,

4. l’interdiction de tout achat d’un acte sexuel et la pénalisation des clients,

5. le renforcement de la lutte contre toute forme de proxénétisme,

6. une politique ambitieuse d’éducation à une sexualité libre et respectueuse de l’autre, et à l’égalité entre les femmes et les hommes,

7. une politique de prévention de la prostitution, et de formation et d’information à ses réalités.


J'AFFIRME QUE : 


 le système prostitueur constitue

·         une violence inscrite dans la longue histoire de la domination masculine,
·         une exploitation de toutes les inégalités,
·         un obstacle fondamental à l’égalité entre les femmes, et les hommes
·         une violation des droits humains.

·         Parce qu’en payant pour obtenir un rapport sexuel, le client prostitueur impose sa volonté au mépris de l’autre et de son désir ;
·         Parce que tout acte sexuel non désiré constitue une violence ;
·         Parce qu’en plaçant le corps humain et la sexualité dans le champ du marché, la prostitution porte atteinte au principe fondamental de respect de la dignité de la personne et de son intégrité physique et psychique ;